| Nous voulons un traitement durable ! |
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| Jeudi, 28 Janvier 2010 18:01 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Plaidoyer pour une ancienne molécule Aucun médicament n’est sans danger, le risque zéro n’existe pas, une bonne procédure de suivi rapproché est absolument nécessaire lorsque l’on veut innover.
Plusieurs résultats d’études relance l’intérêt pour la névirapine (viramune®, de son nom commercial), mais elle reste boudée par les médecins. Effrayés par quelques effets indésirables aujourd’hui mieux connus, nombre d’entre eux hésitent encore à prescrire la molécule, privant peu être leurs patients d’un médicament bien toléré sur la durée. Il est donc grand temps de reprendre les informations sur ce produit.
L’époque où l’infection par le VIH équivalait à une condamnation à mort est révolue de longue date. L’arrivée de thérapeutiques efficaces a relégué le sida au rang des maladies chroniques. Par conséquent, les personnes qui vivent avec le VIH doivent pouvoir poursuivre un traitement sur des dizaines d’années. Or, nombre de médicaments proposés sont difficiles à supporter à long terme . Ils provoquent des effets indésirables comme la mauvaise distribution des graisses dans le corps, un risque cardiovasculaire augmenté, une toxicité pour le foie, un diabète…
A ce rythme, et une fois la menace virale écartée, certaines personnes pourraient presque être tentées de ne plus poursuivre le traitement. Bref, il est urgent d’identifier des stratégies thérapeutiques qui, en plus d’être efficaces, assurent une sécurité et une tolérance à long terme. Commercialisée depuis plus de 13 ans par les laboratoires allemands Boehringer Ingelheim, la névirapine (ou viramune®, de son nom commercial), pourrait bien faire partie de cette combinaison.
Un médicament bien connu La névirapine empêche l’action d’une enzyme nécessaire à la reproduction du virus VIH1, la transcriptase inverse, qui intervient lors de la première phase de la réplication du virus. Du fait de son mode d’action et de sa composition, la névirapine est un antirétroviral qui appartient à la famille des « inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse » (INNTI).
Ces molécules jouent un rôle important dans les stratégies thérapeutiques. Eléments important des trithérapies, elles sont prescrites en association avec d’autres antirétroviraux dans le cadre d’un traitement de première ligne (pour les personnes nouvellement contaminées) ou lors d’un traitement de seconde ligne (lorsque les personnes déjà sous traitement doivent changer de molécules).
La famille des INNTI compte désormais plusieurs membres et une salve de petits nouveaux devrait prochainement rejoindre le marché, selon Mark Korzec, le président très informé d’Actif Santé, honnête travailleur de Sida Info Service et membre du TRT-5.
Dans cette famille de médicaments, la nevirapine occupe la position particulière de doyenne. Cela lui confère un avantage indéniable sur ses successeurs : une somme considérable d’informations a pu être accumulée à son sujet. Une somme d’autant plus considérable que la nevirapine est le médicament le plus utilisé au monde. En effet, dans le cadre de la lutte contre le sida, les laboratoires Boehringer Ingelheim sont les premiers à avoir autorisé la fabrication de génériques. Voilà comment la nevirapine s’est implantée dans les pays du sud. Dans le même temps, l’Europe s’est mise à la bouder. En cause : des effets indésirables au démarrage qui ont contribué à réduire sont utilisation.
Malgré son efficacité reconnue (associé à d’autres médicaments, la nevirapine fait chuter la charge virale à un niveau indétectable en un temps record), la nevirapine serait-elle dangereuse? Oui, la nevirapine a causée des décès. Avec ce risque potentiel un certain nombre de médecins ont vite cessé de le prescrire, confinant la nevirapine au groupe des médicaments de deuxième choix. Il est vrai que plusieurs accidents sont arrivés. Dans les premières semaines du traitement, la nevirapine peut provoquer des effets cutanés. Ils sont très rares mais peuvent être très graves.
Ils peuvent conduire à une « nécrolyse épidermique toxique » (syndrome de Lyell ou syndrome de Stevens-Johnson). Cette affection se caractérise par la destruction de la couche superficielle de la peau et des muqueuses, qui peut entraîner une défaillance multi-organes. L’Agence européenne du médicament signale aussi des insuffisances hépatiques et des réactions allergiques graves. Voilà bien de quoi rendre prudent de manière durable…
Conscients des problèmes, les laboratoires Boehringer Ingelheim ont planché sur la question. Au fil des études, et accompagnés par d’autres partenaires, ils ont misau point un protocole d’administration qui limite le risque d’ apparition de ces effets cutanés. Il s’agit de délivrer le médicament progressivement, par le biais d’une escalade des doses, tout en assurant une surveillance médicale appropriée (voir encadré). Aujourd’hui, les craintes des médecins paraissent donc surdimensionés. « La majorité des patients n’ont pas d’effets cutanés, explique Hugues Fischer, militant d’Act Up de longue date.
Or, c’est quasiment le seul effet indésirable de la nevirapine. La nevirapine est un médicament super bien toléré qu’on a mis de côté à cause de ce problème. Mais aujourd’hui, c’est un problème que l’on sait maîtriser. Il faut donc rassurer les médecins au sujet de la nevirapine car, en plus d’être économique, ce médicament présente de nombreux avantages. »
Depuis une dizaine d’années, de nombreuses études scientifiques (certaines d’entre elles étant très récentes) menées par des équipes académiques comme par l’industrie pharmaceutique ont en effet prouvé qu’en plus d’être particulièrement efficace lorsqu’il est utilisé en association avec certains médicaments, la névirapine est bon pour le cœur, bon pour le foie, bon pour le cerveau, bon pour l’appareil génital et bon pour l’apparence physique globale ! L’ensemble de ces bienfaits lui confère bien une durabilité remarquable.
Sophie Audra
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