| Malgré le SIDA, J'ai la rage de vivre |
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| Jeudi, 27 Mai 2010 09:45 | ||||||||||||||||||||||||
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Séropositif depuis 19 ans, Patrice Basseville veut témoigner coûte que coûte. Je suis homosexuel et séropositif depuis 9 ans. Je ne veux pas témoigner sous anonymat. Nous sommes trop nombreux à être des
J'ai tout de suite compris ce que ça signifiait. Ce gars, rencontré dans un bar gay de Nantes, m'avait contaminé quelques mois auparavant. Nous avions fait l'amour sans capote. Une seule fois
« A 22 ans, j'ai encaissé la nouvelle comme une condamnation à mort. J'avais toujours espéré avoir un gamin avec une copine lesbienne. Plus question d'y penser. Depuis ce jour d'avril 1991, il n'y a pas un soir en me cou chant ou un matin en me réveillant sans que je pense à la maladie. A l'époque,
Finalement, j'ai attendu qu'il me demande: En juin 2007, nous nous sommes finalement séparés. »
Kaletra et Truvada « Durant toutes ces années, je ne me suis jamais soigné. J'espérais secrètement redevenir séronégatif avec le temps. Cela arrive parfois ... Pas à moi. La maladie m'a fauché au retour d'un voyage au Chili en juillet 2007. Je ne me sentais pas bien. Ma belle-soeur m'a traîné à l'hôpital. Les résultats étaient catastrophiques. Le sida avait rongé toutes mes défenses immunitaires. A tel point que la moindre angine risquait de me tuer. Avec le recul, j'ai compris que la libido décroissante, les zonas, dépressions, fatigues .. . avaient été autant de signes avant-coureurs du sida. Cette fois, il s'agissait d'une maladie opportuniste qui avait atteint mon cerveau. Les médecins m'ont diagnostiqué une encéphalite. Les docteurs ne me donnaient plus qu'un à six mois de rab. J'ai eu du mal à encaisser la nouvelle. Comment vivre avec une mort programmée lorsque tu conserves des rêves plein la tête? Finalement, je m'en suis sorti. .. Les médecins n'ont pas toujours raison. »
« Avoir chopé le sida n'est pas mon plus gros regret. Je m'en veux davantage de ne pas m'être soigné plus tôt. Si je n'avais pas tant attendu, je travaillerais peut- être encore. J'aurais sûrement encore tous mes amis. Je me serais installé dans ma maison ... Aujourd'hui, je vis grâce à la trithérapie. Deux cachets de Kaletra le matin, deux autres le soir. II est désormais indétectable. Cela limite les risques de contamination . Comme on dit, je suis un porteur "sain" « Tout ce que je peux attraper, c'est une nouvelle maladie opportuniste. J'ai par exemple appris que je souffrais d'un début de cancer. Lorsque mon spécialiste m'a parlé d 'un nouveau protocole efficace, je lui ai dit "banco". Je voulais l'expérimenter. Je suis désormais impatient de me soigner. J'ai pas envie de crever. J'ai la rage de vivre et ça me maintient en vie. L'expérimentation a finalement capoté sous prétexte qu'elle coûte trop cher à " hôpital. Ne pas être soigné pour un problème de fric me met hors de moi. »
Amour « Je passe mes journées à me battre contre le sida. C'est usant. Outre la maladie, il fau t que je me bagarre contre les cons, l'administration, la justice la paperasserie . .. Durant le traitement pour mon problème au cerveau, j'ai été placé sous curatelle. Avec cette maladie neurologique, je ne savais plus ce que je faisais. J'ai rapidement claqué 50000 des 100000 € que m'a rapporté la vente de ma maison. Certaines personnes ont profité que je sois malade pour abuser de moi. Une fois guéri, j'ai mis des mois à convaincre les juges de me défaire de cette procédure. J'ai cru étouffer. Il m'est arrivé d'avoir des envies de meurtre. De suicide aussi. ..
Dans ces moments, les vrais amis se comptent sur les doigts d'une main. »
« En apparence, je renvoie l'image de quelqu'un de rigolo et de tenace. Personne n'est cependant là quand je suis seul. Quand je cogite toute la nuit. J'ai merais tellement qu'on m'aime comme
« Aujourd'hui, les jeunes ne sont plus assez informés sur le sida. Il y a quelques semaines, une étudiante s'est assise en face de moi dans le train. On a commencé à causer. Le sida s'est finalement Un peu de prévention peut sauver une vie.»
« Pour ma part, c'est trop tard. Je vais mourir un jour plus ou moins proche. Je sens que ce sera d'un AVe. Comme Mano Solo, le sida ne me tuera probablement pas. Les maladies qui en découlent auront raison de moi. J'ai décidé de m'accrocher. Je dois rester en vie pour mon compagnon. J'ai eu beau le repousser ces derniers mois, il ne m'a pas quitté. Samy m'aime pour ce que je suis. Pour lui, peu importe que je sois porteur du virus. Il a compris que je n'ai pas besoin de pitié, mais de messages d'espoir et d'amour. Voilà ce dont j 'ai besoin pour me reconstruire. » • Benjamin Keltz Source : Article publié dans Le Mensuel de Rennes / avril 2010 www.lemensuelderennes.fr
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